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Fils chronologiques
La lecture automatique et le défilement infini sont désactivés par défaut.
La Loi sur la sécurité des médias sociaux, le projet de loi C-34, obligerait les plateformes à répondre des préjudices graves que leurs produits causent aux enfants. C’est un véritable pas en avant. Avec votre voix, nous pouvons la renforcer et la faire adopter.

Les jeunes au Canada sont exposés à l’exploitation, à l’intimidation et à des contenus conçus pour leur nuire, chaque jour, sur des plateformes qu’ils utilisent pendant des heures. Ce n’est pas un accident. Et la situation ne s’améliorera pas toute seule.
1 sur 3
des adolescent·e·s présentent des symptômes psychologiques malsains liés à leur utilisation des médias sociaux
Agence de la santé publique du Canada71 %
des jeunes au Canada disent avoir vu du contenu d’automutilation ou haineux en ligne
Statistique Canada45 816
incidents d’exploitation sexuelle d’enfants en ligne signalés au Canada de 2014 à 2021
Statistique CanadaLA CAUSE
Vers 2016, les plateformes ont délaissé l’affichage chronologique des publications au profit de fils alimentés par des algorithmes conçus pour maximiser une seule chose : le temps passé à l’écran. Ce choix a transformé des outils de communication en machines à capter l’attention. Les enfants en sont devenus les utilisateurs les plus précieux et les plus vulnérables. Plus de 70 % des plateformes les plus populaires utilisent les renseignements des enfants pour faire de l’argent. Plus un enfant reste en ligne, plus les données s’accumulent. Les plateformes ont donc intérêt à le garder connecté, pas à le protéger.

Les plateformes ne montrent pas aux enfants ce qu’ils ont demandé à voir. Elles leur présentent ce que l’algorithme prévoit comme étant le plus susceptible de les retenir. Le contenu devient ainsi de plus en plus extrême, émotif ou troublant, parce que ce type de publication génère davantage d’engagement. La plateforme optimise le temps d’écran, pas le bien-être de l’enfant.
Il s’agit d’un choix de conception, pas d’un effet secondaire. L’algorithme pourrait être réglé autrement, mais les plateformes choisissent de ne pas le faire.
Lorsqu’une vidéo se termine, la suivante démarre toute seule : aucun clic, aucun choix, rien que l’enfant doit décider. La plateforme choisit la suite selon ce qui, d’après elle, retiendra le plus longtemps son attention, et non selon ce que l’enfant cherchait au départ. Chaque lecture automatique élimine un moment où l’enfant aurait pu choisir d’arrêter.
Il s’agit d’un choix de conception, pas d’un effet secondaire. La lecture automatique pourrait être désactivée par défaut ou demander à l’enfant de choisir activement de continuer, mais les plateformes la conçoivent autrement.
Une notification n’attend pas le bon moment. Elle interrompt les devoirs, le souper et le sommeil. Son heure et son libellé sont choisis pour ramener l’enfant dans l’application, peu importe ce qu’il fait. Les mêmes techniques qui servent à reconquérir un adulte inactif ciblent des enfants dont la capacité d’autorégulation est encore en développement.
Il s’agit d’un choix de conception, pas d’un effet secondaire. Les notifications pourraient devenir silencieuses la nuit ou diminuer après une utilisation intensive, mais les plateformes choisissent de ne pas le faire.
Le fil n’a pas de fin. Aucun message n’indique que tout a été vu et aucun clic n’est requis pour continuer : du nouveau contenu est toujours prêt à apparaître dès que le pouce de l’enfant bouge. Sans point d’arrêt naturel, l’enfant doit décider seul de s’arrêter, face à un fil précisément conçu pour supprimer ce signal.
Il s’agit d’un choix de conception, pas d’un effet secondaire. Un fil pourrait réellement se terminer ou proposer doucement de faire une pause, mais les plateformes choisissent la version qui ne le fait pas.
Avant même qu’un enfant ou un parent touche à un seul réglage, de nombreuses plateformes rendent les profils publics, affichent la position et autorisent les messages directs. Une personne inconnue peut donc trouver la photo d’un enfant, voir où il se trouve et lui écrire directement. Ce n’est pas une option obscure qu’un parent aurait oublié de désactiver : c’est l’apparence du compte dès le premier jour.
Il s’agit d’un choix de conception, pas d’un effet secondaire. Un profil privé, aucune géolocalisation et aucun message de personnes inconnues pourraient constituer les réglages de départ, mais les plateformes choisissent de ne pas le faire.
72M
de points de données recueillis sur un enfant avant l’âge de 13 ans par des entreprises technologiques dont le modèle d’affaires dépend du temps qu’il passe en ligne.
— 5RIGHTS, DISRUPTED CHILDHOOD: THE COST OF PERSUASIVE DESIGN

Amanda avait douze ans lorsqu’un homme rencontré en ligne, qui prétendait être un adolescent, l’a enregistrée avec une webcam. Elle avait quinze ans lorsqu’elle est décédée. Il a continué à la victimiser pendant plus de deux ans et a ciblé d’autres jeunes filles partout dans le monde. Amanda est la seule à être morte, mais je sais que les autres porteront ce traumatisme toute leur vie.
L’histoire d’Amanda est trop souvent présentée comme l’œuvre d’un seul prédateur. Ses gestes ont causé un tort immense, mais son expérience révèle aussi les environnements où ce tort a pu prendre de l’ampleur. Les fonctions qui facilitent les contacts, le partage et l’anonymat facilitent aussi la recherche, la manipulation et les contacts répétés avec un enfant.
Le plus difficile n’est pas seulement qu’elle ait été victimisée, mais qu’on ne lui ait jamais donné la possibilité d’y échapper. Les espaces où elle cherchait de l’amitié comportaient trop peu de mesures de protection pour une enfant confrontée à un harcèlement incessant.
Carol Todd, mère d’Amanda
RECHERCHE
Et si les plateformes étaient conçues pour interrompre les comportements prédateurs avant qu’un enfant subisse un préjudice? Et si les contenus dangereux déclenchaient une intervention, au lieu d’obliger les enfants à signaler les abus encore et encore? Et si les images intimes de mineur·e·s étaient détectées et retirées avant de se répandre? Et si les comptes qui ciblent des enfants faisaient l’objet d’une véritable vérification et d’une réelle responsabilité?
La sécurité dès la conception consiste à intégrer la protection au produit dès le départ, avec des paramètres par défaut et des systèmes qui réduisent les préjudices plutôt que d’en faire porter le fardeau aux enfants et aux familles.
01
La lecture automatique et le défilement infini sont désactivés par défaut.
02
Les alertes sont limitées et ne sont pas programmées pour ramener les jeunes à leurs moments les plus vulnérables.
03
Aucun message direct d’adultes inconnus et aucune diffusion en direct pour les personnes mineures.
04
Le partage de la position et le statut en ligne sont désactivés, sauf si un parent les active.
05
Les mentions J’aime, les abonné·e·s et les réactions sont masqués pour les personnes mineures.
06
Les outils qui modifient l’apparence et les photos sont désactivés par défaut.
LA SOLUTION
Le 10 juin 2026, le gouvernement du Canada a présenté le projet de loi C-34, la Loi sur la sécurité des médias sociaux. Le Canada propose de tenir les plateformes responsables de la façon dont leurs produits sont conçus.
Chaque plateforme réglementée doit intégrer des caractéristiques de conception qui rendent ses produits plus sûrs pour les enfants.
Le projet de loi propose un âge minimal de 16 ans pour les comptes de médias sociaux. Une plateforme pourrait toutefois être exemptée si elle démontre qu’elle offre de solides mesures de protection aux enfants. L’objectif n’est pas d’exclure les jeunes, mais de rendre les plateformes sécuritaires.
Les services de médias sociaux doivent rendre inaccessibles le matériel qui exploite sexuellement un enfant et les images intimes diffusées sans consentement, y compris les hypertrucages sexuels.
Les plateformes doivent réduire le risque d’exposition à des contenus préjudiciables, identifier les contenus générés par l’intelligence artificielle et offrir des moyens clairs de signaler les préjudices et de bloquer d’autres personnes.
Les services d’agents conversationnels doivent réduire les contenus préjudiciables, intervenir en situation de crise et prévenir les comportements manipulateurs ou dangereux.
Chaque plateforme réglementée doit publier un plan de sécurité numérique qui explique comment elle respecte ses obligations.
La Commission de la sécurité numérique peut établir des normes, vérifier les plateformes, ordonner des correctifs et imposer des sanctions aux entreprises qui ne respectent pas les règles.
LA CAUSE
Des pédiatres, des hôpitaux pour enfants, des spécialistes de la sécurité des enfants et des familles qui ont vécu les pires conséquences du monde en ligne. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, mais nous nous entendons sur ceci.
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